Alexandra David-Néel, La Femme aux semelles de vent
Par Laszlya. jeudi, novembre 25 2010, 16:04. Divers | Lien permanent.
C'est une femme étonnante, surprenante, curieuse au-delà de l’imaginable qui n'a eu de cesse tout au long de sa vie de poursuivre son but et de vivre en conformité avec celui-ci. Les steppes, l'altitude, les neiges éternelles, la solitude, tout cela lui a été nécessaire pour vivre, ensorcelée par cet autre monde où elle a vécu dans les conditions les plus difficiles qui soient, explorer des contrées peu connues et étudier principalement la civilisation tibétaine.
Elle a été une enfant et une jeune-fille terrible, contestataire, fugueuse, anarchiste, autoritaire, individualiste pour devenir à la maturité, après avoir trouvé sa voie en peu d'années, un sage penseur. "C'est en choisissant toujours l'itinéraire le plus long avec le moyen de locomotion le moins rapide" qu'elle a entrepris ses voyages et assouvi son goût sans limites des études ethniques, philosophiques et religieuses.
Elle a été chanteuse d'opéra mais les voyages ne l'ont pas conduite assez loin. Elle a été mariée à Philippe Néel mais les charmes de la vie conjugale n'ont pas eu raison de sa passion première. Au bout de quelques mois d'union, elle part en restant néanmoins ami avec son mari.
Partie pour quelques mois, elle ne reviendra qu'après quatorze ans après avoir parcouru l'Inde, le Sikkim (petit état himalayen), visité des monastères et dans l'un d'entre eux rencontré son fils adoptif qui la suivra tout au long de sa vie. Elle se retire dans une caverne où elle vit en ermite et reçoit un enseignement bouddhiste pour apprendre à "passer par-delà" c'est à dire arriver à la plus haute sagesse par la pratique des vertus qui ne doivent plus être réfléchis mais réflexes comme lorsqu'on retire sa main du feu. Secourir spontanément doit devenir machinal.
Elle visite le Japon, la Corée, la Chine mais c'est le Tibet qui l'attire. Fascinée par la civilisation tibétaine, elle y pénètre déguisée en mendiante, épuisée, amaigrie, heureuse d'enrichir sa quête spirituelle. Elle est la première femme à entrer dans Lhassa, ville interdite aux étrangers.
De retour en France, elle se se sépare de son mari et s'installe à Digne-les-Bains en 1928, elle est âgé de 59 ans et demi. Elle écrit et donne des conférences. Mais à 69 ans, elle repart pour la Chine pour étudier l'ancien taoïsme puis pour l'Inde ; elle a alors 77 ans.
Elle regagne à nouveau la France pour régler la succession de son mari. En 1950, à 82 ans, elle va camper en hiver au bord du la d'Allos ; peut-être une façon de revivre des souvenirs. Le 8 septembre 1969, au cours de sa 101ème année, elle décède alors qu'elle vient de faire renouveler son passeport à la grande suprise du préfet des Hautes Alpes. Incinérée, ses cendres ont été versées dans le Gange.