Chez Laszlya

Spartacus, ballet sur une musique de Khatchatourian

Rapidement... parce que je me suis ennuyée.

J'ai assisté récemment à la représentation de Spartacus dansé par le Ballet National de l'Opéra de Kiev et je m'attendais à être charmée, enchantée, ravie, émerveillée... Hélas, l'effet fut inverse. La chorégraphie manquait d'inventivité, les scènes de groupes de coordination et les gestes des danseurs d'amplitude, de grâce. Ils étaient là, semblait-il, sans conviction. Le général fut à peu près le seul à faire preuve d'un jeu convaincant qui forçait l'admiration.

Plusieurs fois, pendant les presque deux heures que dure le ballet j'ai pensé à autre chose et de temps à autre que cette troupe aurait pu rester à Kiev pour participer aux élections présidentielles en Ukraine. Aucune féerie.

Randonnée de nuit dans la neige

Peu importe où, peu importe quand. La nuit était tombée et nous nous rendions en voiture au point de départ de notre traditionnelle randonnée nocturne qui précède les fêtes de fin d'année. La journée avait été très froide et au fur et à mesure que nous avancions, la température extérieure affichée dans la voiture baissait jusqu'à atteindre -17°. Nous peinions à croire que ce pouvait être si bas.

A la descente de voiture, au lieu de rassemblement, le froid nous gagnait fatalement en attendant que tous les participants soient arrivés et nous ne pouvions rester sans bouger mais personne n'aurait osé avouer qu'il craignait de ne pas supporter l'épreuve. La bonne humeur ne faisait cependant pas défaut, les sourires étaient là, sur tous les visages d'autant plus que le temps était clair, les étoiles bien présentes.

Et nous partîmes sur un chemin inconnu dans des paysages noirs, bleu nuit et blancs. De loin en loin, une ferme éclairée nous servait de repère. Nous troublions le calme de cette campagne où nos pas avilissaient la neige, où nos bavardages réveillaient sans doute quelques animaux transis. Un cheval bien pourvu de son pelage d'hiver, intrigué vint nous saluer.

La marche nous avait réchauffés.

Soudain, un peu en hauteur, les lumières de la ville apparurent, nous sortions de l'inconnu. C'est à cet endroit que nous fîmes la pause pour nous réconforter -en avions-nous vraiment besoin ?- d'un vin chaud richement parfumé de canelle, de cardamone, de girofle en dégustant quelques fruits déguisés. La gourmandise était intacte.

Nous reprîmes le chemin avec le même enthousiasme, la même bonne humeur et peut-être même un peu plus. Nous étions bien tous ensemble, réunis par un intérêt commun. La soirée s'est achevée par un repas pris en commun, nous retrouvions la lumière et la chaleur d'un lieu de vie. 

 

 

 

 

 

Laurent Terrenoire : sans la musique, il n'existe pas.

Grâce à Polyphonia, assocation organisatrice de manifestations musicales, Laurent Terrenoire, un passionné, était à l'honneur récemment au Creusot. Le samedi 21 novembre, il assura, sachant parfaitement susciter l'intérêt de son auditoire, une conférence sur la musique savante contemporraine avec l'audition d'oeuvres de quelques compositeurs nés après 1930. Au cours de celle-ci il dévoila sa démarche, les motivations de son expression musicale et l'orientation donnée à son oeuvre. Dimanche 22 novembre, lors d'un concert exceptionnel de flûtes traversières, il créa deux de ses oeuvres en digeant les élèves flûtistes de plusieurs écoles du département pour "La Quête difficile d'un trésor intérieur" et, pour "Horizons aperçus", l'ensemble Ad Libitum du Conservatoire de Dijon, ensemble qui peut s'enorgueillir d'un rayonnement international.

Laurent raconte  : Vie en musique

Né le 12 mai 1977 à Chambray-les-Tours. Emménagement à Montceau-les-Mines en 1979.

6 ans, un ami de la famille joue de la batterie dans un jazzband, possède un piano, instrument qui m'attire et que je souhaite apprendre. Premières leçons chez Madame Sanchez, premières bases solides, classiques et efficaces qui me permettront de devenir surdoué en solfège.

10 ans, inscription à l'Ecole municipale de musique de Montceau. Jean Tétard continue ma formation pianistique, m'initie au jazz et à Bach. Gilles Rougemon, Pascal Meunier et Daniel Ribolet ne se plaindront jamais de mon niveau en solfège, bien au contraire...

13 ans, Roger Nectoux m'invite à choisir un deuxième instrument, ce sera un peu de clarinette avec Gilles Rougemon (4 ans), puis je rejoins Pascal Meunier au Big Band de Montceau (pendant 4 ans aussi), grande aventure, multiples concerts, voyages et Premier Prix du concours de Sérézin-du-Rhône.

13 ans : le Choc. Une cassette achetée au hasard à Besançon : les oeuvres pour orgue de Bach. Je serai compositeur, je serai musicien. Depuis ce jour, je ne cesserai jamais de me cultiver : collection de disques et de partitions.

15 ans, changement de professeur de piano sur les conseils avisés de Pascal Meunier, Anne-Catherine Garnier m'apprend tout simplement la musique : les voix, le timbre, la forme, la conduite des phrases... Découverte de la musique de chambre et des rouages de la profession grâce à Philippe Forget.

17 ans, le baccalauréat : fin de la clarinette, fin du big band (et du tennis). Je me consacre à la composition (commencée à 13 ans), au solfège, je mets déjà un pied au consevaoire de Chalon-sur-Saône, et au piano à Montceau. Jean-Luc Girard me prodigue de judicieux conseils de compositeur au stage de Beaune, Patrick Xolin m'apprend l'accompagnement. Durant cette saison, je reviens de Lempdes avec un Premier Prix d'encouragement à la composition pour un quatuor de clarinettes composé pour la circonstance en quelques semaines.

18 ans, obtention du bac scientifique, obtention de ma Médaille d'Or de solfège, 40 oeuvres composées, un dernier conseil bienveillant de la part de Pascal Baudrillart avant le début de mes études supérieures à Chalon-sur-Saône.

Deux mots sur mes professeurs : gentillesse et excellence.

Ma volonté de composer me conduit en priorité dans la classe d'analyse. Eugène de Montalembert m'instruira sur d'innombrables sujets pendant quatre ans, et ne cessera de m'encourager à composer (avec beaucoup d'abnégation et de patience car je le sollicitais souvent). Philippe Cambreling, alors directeur du Conservatoire m'apprend à diriger un orchestre. Quel fabuleux programme en trois ans : Bartok, Strawinsky, Mahler, Mozart, Beethoven, Ligeti... et des oeuvres que l'on pouvait apporter soi-même : ce sera pour moi Pelléas et Mélisande de Fauré. Entre deux blagues, Christian Le Mounier se chargera de ma formation en écriture, contrepoint et orchestration. Enfin, Valérie Pley fera de moi un pianiste accompagnateur (déchiffrage, transposition...), et se fera remplacer par Charles Bouisset qui me prodiguera le conseil ultime du misicien : "Il est un fait que tu entends la musique ! A toi donc de chercher pour obtenir techniquement ce que tu entends." Il m'initiera aussi à la phénoménologie musicale qu'il est lui-même allé apprendre auprès de Celibidache.

Un petit tour dans le studio capitonné de musique électronique, vaincu par la machine (30 minutes pour me rendre compte qu'il fallait appuyer sur "on"), compensé par la présence de merveilleux professeurs : François Bertrand, Christine Groult et Nicolas Vérin. Improvise un an sous la direction de Jean-Jacques Bénailly. Découvre courtoisement un monde différent et mal aimé (Cage, Boulez, Crumb...) avec Dominique Clément, qui s'inquiétera beaucoup de ne plus me voir composer et me rassurera d'autant avec une immense sympathie.

20 ans, l'étudiant compose logiquement Horizons Cherchés. Dans le même temps, disparaissent définitivement les "oeuvres de jeunesse". Plus tard (2008), quelques résurrections à das fins pédagogiques et archéologiques.

22 ans, année faste : obtention de mes diplômes : DEM d'analyse, DEM d'accompagnement, et DE de formation musicale. Prise de conscience aussi que le monde du travail ne sera pas simple. Découverte de la littérature. Composition de 3 poèmes de Jacques Prével, créé à Beauvais par Charles Bouisset et Pierre-Yves Pruvot.

Entrée dans le monde du travail : CDD, temps partiel, remplacements ; bref, le chemin habituel de la majorité des professeurs de France... encore aujourd'hui. Divers emplois... divers lieux... et quelques concerts, surtout avec Vincent Thomas, heureuse rencontre. "Comme un poisson dans l'eau" lors de mes conférences à l'UTB. En fil rouge, entre les longues périodes de doutes, la composition. Les Arbres de la Verrerie, Seul avec les nuages, Horizons aperçus... et des projets Prisonnier des glaces, Tant de larmes retenues...

Et un rêve d'enfant : l'orgue. Depuis quelques années maintenant, je ne me lasse pas d'en jouer en compagnie de Pascal Sabot, professeur et collègue, ami et interprète.

L'avenir ? Un rêve d'adulte : que mes oeuvres favorites (elles sont nombreuses) soient interprétées au centre de la Saône-et-Loire... Ce rêve pourra peut-être voir le jour... 32 ans, obtention du diplôme d'état de direction d'ensembles instrumentaux avec option orchestre symphonique. Heureuse surprise, je n'avais pas dirigé d'orchestre depuis 10 ans ! La seule expérience de l'âge fut décisive dans ce cas.

 

 

 

 

 

La Vineuse en Saône-et-Loire

Si vous passez de nuit sur la D980 entre Salornay-sur-Guye et Cluny, vous apercevrez, au sommet d'une colline un clocher joliment éclairé veillant sur la vallée,  comme un jalon sur votre route. Et c'est si beau que vous vous direz qu'un jour, sans doute, celui où vous disposerez d'un peu plus de temps, vous irez le voir de plus près. 

Donc, l'autre jour, j'étais à La Vineuse, sur la place au pied de l'Eglise, petite place délicieuse à l'image de ce village parcouru par quelques ruelles au charme paisible. Ici, on peut errer en pleine journée et croire les maisons désertes, le présent y ralentit, s'arrête un moment à votre gré.

La table d'orientation invite au repérage des lieux qui se dessinent alentour. C'est une autre vue sur les modestes sommets environnants mais peu importe les noms, ce qui compte c'est de voir plus loin. On s'attarde, on est près du ciel, l'apaisement vous gagne.

Et, soudain, il faut quitter ce lieu, reprendre la voiture en pensant qu'on reviendra un jour, un jour où rien ne nous pressera, uniquement pour le plaisir.                                                                                      

Los Angeles : "Le rêve est dans un sens, la réalité dans l'autre." James Frey, L. A. Story

Les Etats-Unis font rêver et aux Etats-Unis, la Californie bien davantage. On peut encore restreindre le lieu des rêves, c'est le Pacifique, l'extrême limite, Los Angeles, San Francisco, théâtre de la ruée vers l'or au milieu du XIXème siècle, aboutissement de la ligne de chemin de fer reliant la Californie au centre et à l'est des Etats-Unis et de la mythique route 66 venant de Chicago.

Los Angeles, la cité du pire et du meilleur, on la retrouve chez de nombreux écrivains qu'elle a inspirés et, là, je pense à James Ellroy, John Fante, Bret Easton Ellis entre autres. D'autres s'y sont installés au moins pour quelque temps attirés par le bouillonnement de la vie artistique, intellectuelle, cinématographique même si les thèmes de leurs oeuvres ne sont pas liés aussi étroitement à elle, par exemple Ray Bradbury, Aldous Huxley Truman Capote.

Elle attire les anonymes par son climat et le style de vie qu'on imagine pouvoir y vivre. Des vagues de population y arrivent pour la facilité qu'on a à y cultiver les oranges (fin XIXème), avec la découverte des gisements de pétrole (début XXème) et l'installation d'une part très importante de l'industrie cinématographique.

Ce monde de contrastes a également mobilisé les photographes. Actuellement, le Musée Nicéphore Niepce de Chalon-sur-Saône propose une exposition réalisée par The Huntington Library (http://www.huntington.org). C'est une exposition passionnante, enrichissante qui mérite complètement qu'on s'y arrête et s'y attarde.

Le paradis ou presque : Los Angeles [1865-2008]

Quelques extraits du dossier de presse

"Documentée, imaginée, fustigée, las Angeles inspire. Au cours du XXème siècle, elle est un territoire fertile pour les écrivains, le artistes et les photographes. La plupart dresse le portrait d'une ville complexe et ambivalente. Entre sa réputation et la réalité, le glamour et les émeutes raciales, tous ont recherché une représentation juste, au plus près de la véritable "Cité des Anges".

L'exposition ... propose un portrait photographique de la ville à travers le double prisme du paysage et du corps humain ... au fil de sept sections thématiques : Garden (Cultiver), Move (Se déplacer), Work (S'activer), Dwell (Se loger), Play (Se divertir), Clash (Se battre), Dream (Se projeter)."

Dans le Finistère Nord

Je n'avais pas choisi cette destination, elle s'était imposée à moi qui n'étais pas allée dans cette région depuis plusieurs années, me faisant oublier tous mes autres souhaits. J'ai déjà parcouru pas mal de routes, errer dans bien des endroits alors pourquoi ne pas me rendre dans le Finistère pour satisfaire mon désir de renouer avec la mer.

Cette semaine-là, le temps avait choisi d'être incertain pendant mon séjour à Saint Pol de Léon.

Au cours de mes promenades sur les sentiers littoraux, mon regard était pour la mer, la mer inspiratrice des rêves, invitation pour un  ailleurs mais lequel ? Je prenais le temps de m'arrêter pour accéder à son intimité et scruter cette étendue jusqu'à l'horizon où le gris du ciel se confondait avec le gris de la mer. Lorsque le chemin s'égarait derrière une haie, j'avais hâte de retrouver ma compagne, le déferlement des vagues dont le tumulte régulier, seul, manifestait la présence.

A marée basse, dans cette partie du littoral, rares sont les hommes et les femmes à gagner l'estran. Ils s'y aventurent solitaires ou par deux ou trois pour se livrer à la pêche piétonnière en quête de coquillages. Quelques tracteurs stationnent sur le sable, attendant leur chargement d'algues dont j'ignore l'utilisation actuelle.

Désormais monument historique, le four à goémon ancien construit sur une butte exposée aux vents près du littoral servait au brûlage des algues afin d'obtenir des pains de soude dont on extrayait l'iode pour les besoins de l'industrie pharmaceutique.

On ne peut séjourner en Bretagne sans, inévitablement, se trouver à proximité d'un site religieux, mégalithes, calvaires, enclos paroissiaux. Ces derniers plus ou moins somptueux en fonction de la propspérité des commanditaires se composent comme le nom l'indique d'un mur de clôture en pierre séparant le monde des morts de celui des vivants ; il  enserre l'église, l'ossuaire, le calvaire, le cimetière et une porte triomphale.

La plupart du temps, j'étais la seule visiteuse. Je pénétrais dans ces lieux le plus discrètement possible par crainte d'en rompre l'enchantement. L'invisible m'observait sans aucun doute pendant que je m'émerveillais devant un retable, une statue polychrome, un vitrail ou des orgues.

J'ai eu bien des satisfactions durant cette semaine à partager mon temps, selon l'humeur, entre nature et patrimoine.

 

 

 

 

 

 

 

 

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Bienvenue à tous, connus et inconnus

Je vous invite à découvrir ce qui fait ma vie. Si vous venez en visite pour la première fois, j'espère que vous reviendrez.

Que vais-je écrire ?

... un peu de tout, un peu sur tout, ce que j'aime, ce que je ressens, mes humeurs, mes sautes d'humeur.

La citation du jour ou de la semaine ou ...

Nous ne sommes rien. Ce que nous cherchons est tout. Friedrich Hölderlin