laszlya.com

Voyages

En Haute Provence : quelques étapes

La Citadelle de Sisteron

Sisteron
Sisteron a vu passer des hommes préhistoriques, des Romains, et entre autres personnes illustres François Ier et Bayard de retour d'Italie, et Napoléon qui s'y est arrêté pour déjeuner en revenant de l'Île d'Elbe. Elle a connu les guerres de religion avec pour conséquence le renforcement des défenses et subi les bombardements de la dernière guerre mondiale le 15 août 1944.
La Citadelle qui domine la Durance est le monument le plus imposant de cette cité. 
SisteronPlacée à un endroit stratégique entre Dauphiné et Provence, la ville a souvent assuré une surveillance efficace de part et d'autre de la vallée.
La visite est agréable, on se livre à un jeu de pistes avec le dépliant fourni à l'entrée entre les différentes enceintes. De place en place, des animations sonores nous font revivre des moments importants de l'histoire de ce lieu. Lorsqu'on arrive au point le plus haut, on ne peut qu'admirer le paysage alentour.

A Mane, le Château de Sauvan

Au sud de Forcalquier, vous vous émerveillerez deux heures durant en visitant le Château de Sauvan surnommé le Petit Trianon de Provence. L'érudition du guide vous fera revivre toute l'histoire de cet édifice,Sauvan de ses habitants, des ventes et rachats de nombre de pièces de mobilier ou vaisselle.
Peu entretenu, il revit depuis qu'il a été racheté en 1981 par deux frères, Robert et Jean-Claude Allibert qui se sont attachés à restaurer, meubler heureusement ce lieu pour le mettre en valeur. Tout y est harmonieusement ordonné, chaque pièce recèle des trésors. 
Sauvan paonAu jardin, les nombreuses statues ne s'émeuvent pas du passage des paons et autres volatiles.
Dans les prochaines années, des jardins à la française seront réaménagés en contrebas de la façade sur les quatre hectares longtemps transformés en terre agricole. Révélée par des archives, leur existence a été confirmée par des fouilles archéologiques.
Construit au XVIIIème siècle, c'est une belle étape touristique et culturelle.

A Digne, la Maison Alexandra David-Néel

C'est le lieu idéal pour découvrir Alexandra David-Néel ou approfondir les connaissances imparfaites que l'on a d'elle. C'est ici qu'elle s'est installée lorsqu'elle a décidé de poser pour quelque temps ses malles, c'est ici qu'elle a écrit la plupart de ses oeuvres. Chaque objet est là pour témoigner de sa vie d'aventurière, d'exploratrice et d'écrivain.
Digne ADN

Balade entre Albigeois et Quercy

Je viens de passer quelques jours dans le sud du Quercy, précisément à Montclar-de-Quercy à la limite méridionale de cette région qui regroupe les départements du Lot et, en grande partie, du Tarn-et-Garonne. De ce lieu, j'ai également visité des sites remarquables du département du Tarn.

P6060006Albi.jpg C'est à Albi, dans le Tarn que j'ai passé ma première journée.

Le centre de la ville est grandiose avec la cathédrale Sainte-Cécile et le palais de la Berbie près desquels je me sentais bien petite. Alentour, rayonnent les rues du vieil Alby bordées de maisons à colombages, le tout en briques rouges. L'église Saint-Salvi avec son cloître au calme apaisant est également à voir.

Je ne pouvais me passer de visiter, dans le Palais de la Berbie, le musée Toulouse-Lautrec où les oeuvres sans concession de cet artiste paraissent déplacées, en décalage avec l'austérité de ce lieu, comme elles l'étaient avec les canons artistiques de son époque. Refusées par les musées parisiens, elles sont ici heureusement rassemblées et on peut se réjouir de cette opportunité tant pour la cité que pour la mémoire de l'artiste.

Les jours suivants, je suis partie à la découverte de quelques bastides apparues à partir du 12ème siècle. Ce sont des agglomérations, dépendant d'un château, édifiées sur des hauteurs pour en faciliter la défense indispensable lors de la terrible répression cathare menée par Simon de Montfort, de la rivalité entre la France et l'Angleterre et des guerres de religion.

P6070079Cordes.jpg La plus impressionnante est celle de Cordes-sur-Ciel qui s'appelait simplement Cordes jusqu'en 1993. C'est une authentique cité-forteresse qui a vu sa prospérité croître du fait de l'exemption d'impôts et de péages qui lui fut attribuée lors de sa création.

De nombreuses demeures gothiques témoignent de l'aisance des habitants du lieu. On y pratiquait la fabrication et le commerce d'ouvrages en lin et en chanvre et on y travaillait le cuir.

Après le 16ème siècle, la cité amorce son déclin et perd de son rayonnement jusqu'au 20ème siècle lorsque les Monuments historiques et les artistes et artisans d'art participent à son réveil.

P6070096Najac.jpg Puis ce fut la découverte de Najac dont la forteresse militaire, au faîte d'un piton rocheux domine la vallée de l'Aveyron et le village qui s'étire en contrebas depuis le 12ème siècle. Des maisons à encorbellement coquettes et fleuries ceinturent la place joliment aménagée. Les habitants du village, anciens cathares convertis au catholicisme, financèrent la construction de leur église au 13ème siècle.

07062010148Saint-Antonin-Noble-Val2.jpg Au hasard de ma route, j'ai ensuite découvert Saint-Antonin-Noble-Val à la limite du Quercy, de l'Albigeois et du Rouergue, au pied des falaises de l'Aveyron . Ce bourg dut sa fortune à la fréquentation des marchands de draps, de fourrures et de cuirs qui y élurent domicile entre le 13ème et le 14ème siècle dans de belles demeures que j'ai admirées en déambulant sans but précis dans des ruelles étroites.

Bâti au 12ème siècle, l'ancien hôtel de ville fut restauré au 19ème siècle par Viollet-le-Duc qui eut la surprenante idée de lui ajouter un beffroi. (photo ci-contre)

P6080128Puycelci.jpg Puycelci était mon étape suivante. Encore un village fortifié ! Les remparts bien conservés protègent le chemin de ronde qui constitue une très agréable promenade offrant de beaux points de vue sur les vallées qui enserrent cette place forte où l'on s'attache aujourd'hui à la conservation de ce précieux patrimoine.

P6080139Bruniquel.jpg Bruniquel est vraiment magnifique, blotti contre les deux châteaux édifiés au bord d'une falaise surplombant un méandre de l'Aveyron, le Château vieux et le Château jeune où fut tourné "Le Vieux fusil" de Robert Enrico avec Philippe Noiret et Romy Schneider . C'est une visite inoubliable pleine de charme par des ruelles en pente entre d'anciennes demeures. Au cours de la promenade, il faut porter attention aux noms des rues parfois très évocateurs : rue Trottes-Garces, rue Bombe-Cul (photo ci-contre) que les lavandières avaient peine à remonter avec leur ballot de linge sur le dos, place des Oules c'est à dire des marmites autour de laquelle étaient regroupés les chaudronniers dans des maisons modestes. Beaucoup d'habitations plus riches sont ornées de tourelles, de fenêtres à meneaux, de décors sculptés. Le village a prospéré grâce à la culture du lin, du chanvre et du safran, c’était l’un des seize centres du Languedoc où étaient apportées les récoltes.

P6080160Penne.jpg Encore un village qui occupe un site impressionnant : Penne dominé, en surplomb de l'Aveyron, par sa forteresse médiévale aux murs déchiquetés. Une rue bordée de maisons anciennes s'étire jusqu'au château avant de redescendre vers la porte Peyrière à l'autre extrémité du bourg. Là aussi, les murs se souviennent certainement des luttes entre le seigneur du lieu adepte de la doctrine cathare et Simon de Montfort au 13ème siècle et, plus tard, celles résultant, lors de la Guerre de cent ans, de l'occupation du site par les Anglais.

P6090167Castelnau-de-Montmiral.jpg La bastide de Castelnau-de-Montmiral est comme les autres établie en hauteur. On a eu la bonne idée d'interdire le stationnement sur la place centrale et de ce fait on peut admirer sans trouble les jolies maisons offrant des couverts avec les étages à encorbellement. Une plaque fixée à l'un des piliers de la place indique que Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir y sont venus en visite. Le récit en est fait par Simone de Beauvoir dans "La Force de l'âge".

Voici rapidement résumé l'essentiel de mes visites dans une région où je me rendais pour la première fois. Je suis enchantée d'y avoir trouvé tous ces villages riches de leur passé historique.

Suite cabourgeaise

100_3289.jpg Du plaisir ou du bonheur ? Peut-être bien les deux à la fois. Certainement du bien-être. Je retrouve ce lieu, je souris ; à quoi ? à qui ? A rien, à personne, à moi seulement, à l'insouciance perdue et retrouvée par les souvenirs heureux qui resurgissent. Je suis libre, je respire pleinement, avec émotion.

Au gré des mouvements de la mer, les pièces d'or éparpillées par le soleil hésitent, oscillent. Et elles s'enfouissent, réapparaissent. Je regarde le soleil, je voudrais l'interroger. Me dira-t-il si la magie se perpétuera ? Les flâneurs sont rares. Quelques couples. Quelques promeneurs de chiens. De quoi sont-ils préoccupés ? Il ne fait pas chaud, le col est tenu serré, les sourcils sont froncés, le sourire n'est pas de mise. Peu s'attarde. On est venu au bord de la mer, on se doit de sortir mais on ne traîne pas trop.

Au loin, à la limite du visible, à l'horizon et vers la droite, c'est "l'autre côté de l'eau", l'autre côlté de l'estuaire de la Seine. Le Havre, et là c'est une autre histoire, une partie de mon enfance.

La Vineuse en Saône-et-Loire

100_3509.jpg Si vous passez de nuit sur la D980 entre Salornay-sur-Guye et Cluny, vous apercevrez, au sommet d'une colline un clocher joliment éclairé veillant sur la vallée, comme un jalon sur votre route. Et c'est si beau que vous vous direz qu'un jour, sans doute, celui où vous disposerez d'un peu plus de temps, vous irez le voir de plus près.

Donc, l'autre jour, j'étais à La Vineuse, sur la place au pied de l'Eglise, petite place délicieuse à l'image de ce village parcouru par quelques ruelles au charme paisible. Ici, on peut errer en pleine journée et croire les maisons désertes, le présent y ralentit, s'arrête un moment à votre gré.

La table d'orientation invite au repérage des lieux qui se dessinent alentour. C'est une autre vue sur les modestes sommets environnants mais peu importe les noms, ce qui compte c'est de voir plus loin. On s'attarde, on est près du ciel, l'apaisement vous gagne.

Et, soudain, il faut quitter ce lieu, reprendre la voiture en pensant qu'on reviendra un jour, un jour où rien ne nous pressera, uniquement pour le plaisir.

Dans le Finistère Nord

Saint_Pol_de__Leon_100_3340.jpg

Je n'avais pas choisi cette destination, elle s'était imposée à moi qui n'étais pas allée dans cette région depuis plusieurs années, me faisant oublier tous mes autres souhaits. J'ai déjà parcouru pas mal de routes, errer dans bien des endroits alors pourquoi ne pas me rendre dans le Finistère pour satisfaire mon désir de renouer avec la mer.

Cette semaine-là, le temps avait choisi d'être incertain pendant mon séjour à Saint Pol de Léon.

Au cours de mes promenades sur les sentiers littoraux, mon regard était pour la mer, la mer inspiratrice des rêves, invitation pour un ailleurs mais lequel ? Je prenais le temps de m'arrêter pour accéder à son intimité et scruter cette étendue jusqu'à l'horizon où le gris du ciel se confondait avec le gris de la mer. Lorsque le chemin s'égarait derrière une haie, j'avais hâte de retrouver ma compagne, le déferlement des vagues dont le tumulte régulier, seul, manifestait la présence.

100_3427.jpg A marée basse, dans cette partie du littoral, rares sont les hommes et les femmes à gagner l'estran. Ils s'y aventurent solitaires ou par deux ou trois pour se livrer à la pêche piétonnière en quête de coquillages. Quelques tracteurs stationnent sur le sable, attendant leur chargement d'algues dont j'ignore l'utilisation actuelle.

Désormais monument historique, le four à goémon ancien construit sur une butte exposée aux vents près du littoral servait au brûlage des algues afin d'obtenir des pains de soude dont on extrayait l'iode pour les besoins de l'industrie pharmaceutique.

100_3450.jpg On ne peut séjourner en Bretagne sans, inévitablement, se trouver à proximité d'un site religieux, mégalithes, calvaires, enclos paroissiaux. Ces derniers plus ou moins somptueux en fonction de la propspérité des commanditaires se composent comme le nom l'indique d'un mur de clôture en pierre séparant le monde des morts de celui des vivants ; il enserre l'église, l'ossuaire, le calvaire, le cimetière et une porte triomphale.

La plupart du temps, j'étais la seule visiteuse. Je pénétrais dans ces lieux le plus discrètement possible par crainte d'en rompre l'enchantement. L'invisible m'observait sans aucun doute pendant que je m'émerveillais devant un retable, une statue polychrome, un vitrail ou des orgues.

J'ai eu bien des satisfactions durant cette semaine à partager mon temps, selon l'humeur, entre nature et patrimoine.

100_3468.jpg

- page 1 de 2