Je viens de passer quelques jours dans le sud du Quercy, précisément à Montclar-de-Quercy à la limite méridionale de cette région qui regroupe les départements du Lot et, en grande partie, du Tarn-et-Garonne. De ce lieu, j'ai également visité des sites remarquables du département du Tarn.
C'est à Albi, dans le Tarn que j'ai passé ma première journée.
Le centre de la ville est grandiose avec la cathédrale Sainte-Cécile et le palais de la Berbie près desquels je me sentais bien petite. Alentour, rayonnent les rues du vieil Alby bordées de maisons à colombages, le tout en briques rouges. L'église Saint-Salvi avec son cloître au calme apaisant est également à voir.
Je ne pouvais me passer de visiter, dans le Palais de la Berbie, le musée Toulouse-Lautrec où les oeuvres sans concession de cet artiste paraissent déplacées, en décalage avec l'austérité de ce lieu, comme elles l'étaient avec les canons artistiques de son époque. Refusées par les musées parisiens, elles sont ici heureusement rassemblées et on peut se réjouir de cette opportunité tant pour la cité que pour la mémoire de l'artiste.
Les jours suivants, je suis partie à la découverte de quelques bastides apparues à partir du 12ème siècle. Ce sont des agglomérations, dépendant d'un château, édifiées sur des hauteurs pour en faciliter la défense indispensable lors de la terrible répression cathare menée par Simon de Montfort, de la rivalité entre la France et l'Angleterre et des guerres de religion.
La plus impressionnante est celle de Cordes-sur-Ciel qui s'appelait simplement Cordes jusqu'en 1993. C'est une authentique cité-forteresse qui a vu sa prospérité croître du fait de l'exemption d'impôts et de péages qui lui fut attribuée lors de sa création.
De nombreuses demeures gothiques témoignent de l'aisance des habitants du lieu. On y pratiquait la fabrication et le commerce d'ouvrages en lin et en chanvre et on y travaillait le cuir.
Après le 16ème siècle, la cité amorce son déclin et perd de son rayonnement jusqu'au 20ème siècle lorsque les Monuments historiques et les artistes et artisans d'art participent à son réveil.
Puis ce fut la découverte de Najac dont la forteresse militaire, au faîte d'un piton rocheux domine la vallée de l'Aveyron et le village qui s'étire en contrebas depuis le 12ème siècle. Des maisons à encorbellement coquettes et fleuries ceinturent la place joliment aménagée. Les habitants du village, anciens cathares convertis au catholicisme, financèrent la construction de leur église au 13ème siècle.
Au hasard de ma route, j'ai ensuite découvert Saint-Antonin-Noble-Val à la limite du Quercy, de l'Albigeois et du Rouergue, au pied des falaises de l'Aveyron . Ce bourg dut sa fortune à la fréquentation des marchands de draps, de fourrures et de cuirs qui y élurent domicile entre le 13ème et le 14ème siècle dans de belles demeures que j'ai admirées en déambulant sans but précis dans des ruelles étroites.
Bâti au 12ème siècle, l'ancien hôtel de ville fut restauré au 19ème siècle par Viollet-le-Duc qui eut la surprenante idée de lui ajouter un beffroi. (photo ci-contre)
Puycelci était mon étape suivante. Encore un village fortifié ! Les remparts bien conservés protègent le chemin de ronde qui constitue une très agréable promenade offrant de beaux points de vue sur les vallées qui enserrent cette place forte où l'on s'attache aujourd'hui à la conservation de ce précieux patrimoine.
Bruniquel est vraiment magnifique, blotti contre les deux châteaux édifiés au bord d'une falaise surplombant un méandre de l'Aveyron, le Château vieux et le Château jeune où fut tourné "Le Vieux fusil" de Robert Enrico avec Philippe Noiret et Romy Schneider . C'est une visite inoubliable pleine de charme par des ruelles en pente entre d'anciennes demeures. Au cours de la promenade, il faut porter attention aux noms des rues parfois très évocateurs : rue Trottes-Garces, rue Bombe-Cul (photo ci-contre) que les lavandières avaient peine à remonter avec leur ballot de linge sur le dos, place des Oules c'est à dire des marmites autour de laquelle étaient regroupés les chaudronniers dans des maisons modestes. Beaucoup d'habitations plus riches sont ornées de tourelles, de fenêtres à meneaux, de décors sculptés. Le village a prospéré grâce à la culture du lin, du chanvre et du safran, c’était l’un des seize centres du Languedoc où étaient apportées les récoltes.
Encore un village qui occupe un site impressionnant : Penne dominé, en surplomb de l'Aveyron, par sa forteresse médiévale aux murs déchiquetés. Une rue bordée de maisons anciennes s'étire jusqu'au château avant de redescendre vers la porte Peyrière à l'autre extrémité du bourg. Là aussi, les murs se souviennent certainement des luttes entre le seigneur du lieu adepte de la doctrine cathare et Simon de Montfort au 13ème siècle et, plus tard, celles résultant, lors de la Guerre de cent ans, de l'occupation du site par les Anglais.
La bastide de Castelnau-de-Montmiral est comme les autres établie en hauteur. On a eu la bonne idée d'interdire le stationnement sur la place centrale et de ce fait on peut admirer sans trouble les jolies maisons offrant des couverts avec les étages à encorbellement. Une plaque fixée à l'un des piliers de la place indique que Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir y sont venus en visite. Le récit en est fait par Simone de Beauvoir dans "La Force de l'âge".
Voici rapidement résumé l'essentiel de mes visites dans une région où je me rendais pour la première fois. Je suis enchantée d'y avoir trouvé tous ces villages riches de leur passé historique.