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Spectacles

Spartacus, ballet sur une musique de Khatchatourian

Rapidement... parce que je me suis ennuyée.

J'ai assisté récemment à la représentation de Spartacus dansé par le Ballet National de l'Opéra de Kiev et je m'attendais à être charmée, enchantée, ravie, émerveillée... Hélas, l'effet fut inverse. La chorégraphie manquait d'inventivité, les scènes de groupes de coordination et les gestes des danseurs d'amplitude, de grâce. Ils étaient là, semblait-il, sans conviction. Le général fut à peu près le seul à faire preuve d'un jeu convaincant qui forçait l'admiration.

Plusieurs fois, pendant les presque deux heures que dure le ballet j'ai pensé à autre chose. Aucune féerie.

Les Rendez-vous de Cormatin

100_3337.jpg En cette saison d'abondance des festivals, dans l'enceinte du château, se tiennent les Rendez-vous de Cormatin où indigènes et touristes se précipitent pour leur plus grand plaisir. C'est un lieu enchanteur qui vous place hors du monde, hors du temps, dans l'immuable avec un sentiment d'éternité. Les spectacles sont de qualité, l'accueil excellent et l'organisation parfaite.

Je suis arrivée en avance pour assister à la représentation de Lorenzaccio d'Alfred de Musset dans l'intention de profiter du cadre du château et des jardins désertés par les visiteurs à cette heure tardive. Dans ce lieu on se laisse gagner aisément par un apaisement singulier, une immense sérénité dont on craint d'être réveillé. De place en place, on est invité à s'installer pour quelques moments de bonheur.

100_2843.jpg On ne connaît jamais la déception lors de ces spectacles donnés par le Studio d'Asnières.

Le drame de Musset, Lorenzaccio, propose une vue de l'homme sous un bien mauvais angle. On y joue de l'intrigue, de la trahison, du goût du pouvoir, du vice. La vertu n'a d'autre but que de déguiser la nature humaine foncièrement mauvaise. On cherche en vain quelque espoir dans cette vision pessimiste, désenchantée de l'humanité où l'idéal jstifie le crime.

Il y a eu Vaches noires de Daniel Besnehard. Les deux protagonistes, une mère et son fils se retrouvent après une longue séparation. Elle réside depuis peu dans une maison de retraite en Normandie. L'attachement de l'un pour l'autre est manifeste et se renforce, dirait-on, au fur et à mesure de l'évocation des souvenirs. Les souvenirs communs dont chacun a une interprétation différente, les souvenirs de la mère, un passé que le fils ignore et découvre. Leurs liens s'en trouvent renforcés. Le fils qui avait volontairement fui cette mère au caractère trop fort reviendra près d'elle pour mieux l'accompagner dans sa vieillesse et s'enrichir de son histoire.

100_2851.jpg Puis, au Théâtre de verdure ce fut L'Ile des esclaves de Marivaux. A la suite d'un naufrage, deux aristocrates, homme et femme, échouent sur une île peuplée d'anciens esclaves qui ont pris le pouvoir et imposé la servitude à leur maître. Les nouveaux arrivants contraints de se conformer aux lois du lieu, échangent leur position, leur nom, leurs vêtements. Toute en comédie, les idées provocatrices s'efforcent de montrer que des relations plus équitables entre maîtres et valets sont difficiles à établir. Les maîtres sont paresseux, orgueilleux, coléreux et les valets bavards, envieux, moqueurs. Pour finir, chacun reprend sa place en ayant pris conscience, au moins sur l'instant, que l'on peut établir des rapports sociaux plus raisonnables et plus généreux, en somme plus vertueux.

A nouveau dans le cadre du Théâtre de verdure, La Grammaire d'Eugène Labiche a enthousiamé la foule des grands jours et de ce fait, certains spectateurs ne se sont pas trouvés installés bien confortablement. La bonne humeur régna tout au long de la représentation de cette comédie. Le grand secret d'un élu, et futur élu à d'autres sièges plus importants, ne connaît pas l'orthographe. Jusqu'à présent, sa fille rédigeait pour lui. Mais voici que celle-ci est demandé en mariage par un jeune homme pour qui elle a du sentiment mais ne sait pas la grammaire non plus. En découlent nombre de situations cocasses où l'on rit de bon coeur.

Dans le théâtre du château, Les Mamelles de Tirésias, tout d'abord drame de Guillaume Apollinaire -créé en 1917- puis opéra-bouffe de Francis Poulenc -créé en 1947- ont été représentées sous les deux formes. Il ne faut chercher aucune logique dans ces textes qui se heurtent à chaque détour à la pensée rationnelle. On y ridiculise la guerre, le rôle de l'homme et de la femme, l'économie, et ceci tout en drôleries et facéties diverses, voilà de quoi déranger toute l'organisation d'une société bien-pensante par quelques pistes de réflexion. Cette soirée fut parfaite par la quatlité des oeuvres, les différents acteurs, la mise en scène, les costumes.

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Nous devons maintenant attendre une année avant de retrouver tous les bienfaits de ce merveilleux festival, l'enchantement procuré par ce lieu plein de charme.

Roman adapté pour le théâtre : la Vie devant soi d'Emile Ajar (pseudonyme de Romain Gary)

La représentation théâtrale de ce roman m'a inévitablement attirée d'autant plus que je gardais de cette oeuvre couronnée par le Goncourt en 1975 un souvenir que je crois assez complet. Je n'ai pas relu le roman depuis cette année-là.

Madame Rosa, ancienne prostituée, passée par Auschwitz, l'âge ayant fait son oeuvre s'est reconvertie en nounou de passage pour enfants aux origines incertaines. Au moment du récit, un seul garçon, Mohamed dit Momo, demeure encore chez cette dame au grand coeur, il y est installé depuis onze ans. L'attachement entre les deux personnages est profond, chaleureux même si chacun des protagonistes tente parfois de s'en défendre. On assiste à des scènes de la vie quotidienne qui sont autant de prétextes sur fond de bon sens à des leçons de philosophie abordant les thèmes de l'adoption, l'amitié, l'enfance, la vieillesse, la religion, l'affection, émaillant la nature humaine.

C'est un récit touchant, facile à lire ou à entendre, menant chacun à la réflexion.

Les deux acteurs principaux, Myriam Boyer et Aymen Saïdi, s'entendent à merveille. Entre eux, il y a de la connivence, de l'implicite. Tantôt on rit, tantôt on est attendri, et souvent les deux à la fois.

Emily Loizeau en concert

171323-emily-loizeau-637x0-2.jpg C'est le hasard d'une présentation télévisée qui m'a fait découvrir cette artiste dont j'ai acheté le CD, l'Autre bout du monde, et plus tard, mon fils m'a offert Pays Sauvage.

Les textes poétiques et les inspirations multiples d'Emily Loizeau entraînent l'auditeur dans un heureux voyage musical parsemé de trouvailles techniques originales. Sur scène, elle fait preuve d'une énergie affirmée et d'une complicité sans faille avec ses musiciens. Le nombre de spectateurs n'étaient, hélas, pas à la hauteur des qualités du spectacle. Mais ceux qui étaient présents en multipliant les rappels, ont prouvé leur plaisir. La soirée s'est achevée avec trois chansons interprétées sans micro -c'est à noter- par la chanteuse et ses musiciens au bord de la scène. Ainsi des liens plus intimes encore se créaient avec le public. Une très agréable soirée !

Nilda Fernandez

nilda_fernadez.jpg En réécoutant il y a quelques mois les CD de Nilda Fernandez, je me demandais où il avait disparu ces dernières années. C'était un personnage hors normes, un peu vagabond qui se déplaçait parfois en roulotte, si mes souvenirs sont exacts.

A la rentrée de septembre, en consultant le calendrier d'une salle de spectacles de la région, je découvris qu'il devait y donner un concert auquel j'ai assisté.

J'ai beaucoup apprécié l'artiste, l'homme qui mène sa carrière et toute sa vie même en restant fidèle à lui-même. Il a beaucoup voyagé sur tous les continents et nous transmet les échos de ses rencontres, de ses lectures dans des textes poétiques, chantés, il me semble, d'une voix plus assurée.