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Photographie

Mac Adams, The narrative void au Musée Nicéphore Niepce à Chalon-sur-Saône

Mac Adams

Voici un exemple du travail de Mac Adams sur "The mysteries" . C'est un appel à l'imagination de la part de ce photographe qui rend le visiteur-spectateur actif en proposant un début et une fin pour une histoire qui reste à construire.

Le vide narratif dérange, intrigue ; nous sommes entre le roman-photo et le cinéma et partons à la recherche d'indices pour interpréter des images ambiguës. 

C'est un monde sombre, souvent cru que James Ellroy (Le Dahlia noir) pourrait faire sien.

Mathieu Bernard-Reymond propose "Des mondes possibles" au Musée Nicéphore Niepce de Chalon-sur-Saône

J'ai visité récemment cette exposition de photographies énigmatiques.

Ce n'est certainement pas à la photographie que se destinait Mathieu Bernard-Reymond puisqu'il s'orienta en premier lieu vers les sciences politiques puis choisit la voie de l'histoire de l'art avant d'intégrer l'Ecole de Photographie de Vevey.

C'est l'artiste lui-même qui présentait son oeuvre et sa façon de travailler. Il utilise l'ordinateur qui rend tout possible comme outil de production et combine tecniques argentique et informatique pour créer des photographies surprenantes, reflet de la fracture du monde, des relations, d'une déshumanisation grandissante des lieux où l'homme se retrouve seul, isolé dans une civilisation pourtant vouée au culte de la prévision, de la prévention avec un avenir invisible.

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Les oeuvres sont groupées en quatre parties :

- Disparitions

Ici, l'artiste, avec l'ordinateur contrôle la photo et l'ajuste à son but, s'éloigne de la réalité de ce qui a été capturé. L'image construite résulte de la sensibilité de l'auteur, de ce qu'il entrevoit de l'espace ou de l'architecture. L'image peut être modifiée, des éléments supprimés ou ajoutés pour assurer l'équilibre de la production.

- Vous êtes ici

Le personnage est le point de départ de la photo. Avec un logiciel utilisé en architecture et en urbanisme pour repérer les courbes de niveaux, l'individu ou une partie de celui-ci devient paysage artificiel où est il est placé en observateur de sa propre solitude.

- TV

Un soir, lors d'une promenade en ville, Mathieu Bernard-Reymond a eu l'idée de cette série en comprenant que nombre des lumières qui filtraient au travers des fenêtres étaient produites par les téléviseurs. Il est, et nous sommes aussi, de la génération télé ; rares sont ceux qui osent aujourd'hui nier leur rapport à l'écran et deux séries sont nées de ce constat :

- L'une où toutes les fenêtres des immeubles sont remplacées par des captures d'écran,

- L'autre où des personnages issus de fiction sont déplacés dans des paysages fixes

- Monuments

Cette série en noir et blanc reflète l'impact des marchés financiers sur le monde d'aujourd'hui et les scènes sont volontairement déshumanisées. Les courbes boursières, les représentations schématiques des statistiques deviennent des sculptures, des constructions architecturales des volumes qui prennent poids dans des paysages naturels.

"Des mondes possibles" désertés où l'homme, s'il est présent, demeure seul suscitent inquiétude et pessimisme mais le pouvoir de ces images-là d'un monde recréé par Mathieu Bernard-Reymond pousse à la prise de conscience d'une éventuelle réalité.

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Los Angeles : "Le rêve est dans un sens, la réalité dans l'autre." James Frey, L. A. Story

001.jpg Les Etats-Unis font rêver et aux Etats-Unis, la Californie bien davantage. On peut encore restreindre le lieu des rêves, c'est le Pacifique, l'extrême limite, Los Angeles, San Francisco, théâtre de la ruée vers l'or au milieu du XIXème siècle, aboutissement de la ligne de chemin de fer reliant la Californie au centre et à l'est des Etats-Unis et de la mythique route 66 venant de Chicago.

Los Angeles, la cité du pire et du meilleur, on la retrouve chez de nombreux écrivains qu'elle a inspirés et, là, je pense à James Ellroy, John Fante, Bret Easton Ellis entre autres. D'autres s'y sont installés au moins pour quelque temps attirés par le bouillonnement de la vie artistique, intellectuelle, cinématographique même si les thèmes de leurs oeuvres ne sont pas liés aussi étroitement à elle, par exemple Ray Bradbury, Aldous Huxley Truman Capote.

Elle attire les anonymes par son climat et le style de vie qu'on imagine pouvoir y vivre. Des vagues de population y arrivent pour la facilité qu'on a à y cultiver les oranges (fin XIXème), avec la découverte des gisements de pétrole (début XXème) et l'installation d'une part très importante de l'industrie cinématographique.

Ce monde de contrastes a également mobilisé les photographes. Actuellement, le Musée Nicéphore Niepce de Chalon-sur-Saône propose une exposition réalisée par The Huntington Library (http://www.huntington.org). C'est une exposition passionnante, enrichissante qui mérite complètement qu'on s'y arrête et s'y attarde.

Le paradis ou presque : Los Angeles (1865-2008)

Quelques extraits du dossier de presse

"Documentée, imaginée, fustigée, las Angeles inspire. Au cours du XXème siècle, elle est un territoire fertile pour les écrivains, le artistes et les photographes. La plupart dresse le portrait d'une ville complexe et ambivalente. Entre sa réputation et la réalité, le glamour et les émeutes raciales, tous ont recherché une représentation juste, au plus près de la véritable "Cité des Anges".

L'exposition ... propose un portrait photographique de la ville à travers le double prisme du paysage et du corps humain ... au fil de sept sections thématiques : Garden (Cultiver), Move (Se déplacer), Work (S'activer), Dwell (Se loger), Play (Se divertir), Clash (Se battre), Dream (Se projeter)."

"The last Waltz" de Peter Knapp

D2008.47.11.72dpi.jpg Est-ce une chance, un honneur, un privilège d'avoir visité cette exposition commentée par l'auteur des oeuvres ? Certainement les trois à la fois. De toute évidence, celle-ci se devait d'attirer un public important. Et ce fut le cas.

L'artiste était là comme un ami, humble, souriant discrètement. Peter Knapp, peintre, graphiste, photographe, a déroulé son parcours artistique de sa formation à ses derniers développements. Point de grands mots, des phrases simples.

5-82.72dpi.jpg Nous avons évolué parmi ses oeuvres, des photos de mode dont la présentation renouvelée intégrait une conception dynamique, de l'élégance dans le mouvement. L'idéal féminin vivait avec harmonie et modernité. Puis l'artiste s'est éloigné de la mode pour inventer de nouvelles images à partir de surprises graphiques que nous livre parfois la nature et des photos décomposées et réorganisées toujours dans un souci d'équilibre.

Il n'est pas nécessaire d'intellectualiser ce qu'on voit, on aime simplement le monde riche et multiple de Peter Knapp.