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Littérature

De Patrick Modiano, L’Horizon

C’était au début de cette année, en février. Voici qu’un nouveau Modiano était édité et cette annonce épanouissait des sourires chez les amateurs, souvent inconditionnels de cet écrivain, et ils sont nombreux.

C’est l’intimité perdue quelque temps puis retrouvée avec des personnages qui nous ressemblent parfois, aux origines flous avec un devenir ignoré.

De Paris à Berlin

C’est donc un roman sans fin qui s’arrête sur une incertitude, une possible et imprévisible ouverture. Un peu d’espoir.

Nous sommes dans les rues de Paris que nous parcourons derrière Yves Bosmans, le héros de cette œuvre, qui navigue dans les souvenirs qu'il a de personnages énigmatiques - son amie, ses employeurs et même ses parents - et ils le sont d’autant plus qu’on ne perçoit qu’un fragment de leur vécu. Ils sont de passage.

A la lecture d’un roman de Modiano, je ne suis pas lectrice d’un roman ordinaire, je suis voyeuse, observatrice indécente de situations intimes qui attisent ma curiosité. C’est presque la vie ordinaire, une existence impalpable de personnages qui ne paraissent pas savoir précisément ni d’où ils viennent ni où ils vont.

Et c’est bien souvent ainsi la vraie vie.

Marcel Proust

25701.marcel.proust.jpg Voici une étude surprenante sur le vocabulaire utilisé par Marcel Proust, à consulter par curiosité puisque le style d'un écrivain quel qu'il soit ne se résout pas à une analyse mathématique.

http://www-syscom.univ-mlv.fr/~vignat/Html/Proust/techniq.html

Fleurs de ruine de Patrick Modiano

Je viens d’achever la lecture de Fleurs de Ruine, un roman publié en 1991 ; je demeure une inconditionnelle de cet écrivain qui ne me déçoit jamais.

L’atmosphère est mienne, j’ai traversé les mêmes lieux ou des lieux semblables, j’ai croisé sensiblement les mêmes personnes. Modiano est ma mémoire, mes souvenirs souvent, avec des doutes sur les héros mais est-ce que ce sont vraiment des héros ? Sont-ils des personnages ou les éléments d’un décor parisien ?

Soi-même on n’est pas un héros, on aimerait simplement en côtoyer un pour entrer dans son intimité, faire siens les mystères de sa vie, son passé incertain où se différencient mal songe et réalité. La certitude n’est pas, la mémoire reste floue parmi des ombres qui peinent à prendre forme au cours d’une investigation discrète.

Difficile après avoir fermé la dernière page de sortir l’ambiance Modiano.

Un pedigree de Patrick Modiano dit par Edouard Baer

Un_pedigree.jpgPatrick Modiano, je n’ai pas lu tous ses livres mais j’ai aimé ceux que j’ai lus. « Un pedigree », la biographie de sa jeunesse autant que les autres.

Ce sont ses années de jeunesse qui défilent, une jeunesse subie plus que vécue, avec des noms de lieux traversés, de personnes croisées. C'est un récit émouvant, dérangeant où l'enfant, l'adolescent n'ont pas de statuts conformes aux usages. J'ai le sentiment que l'écrivain ne se raconte pas, qu'il s'observe avec un regard scientifique en accumulant des détails. De place en place, des anecdotes font sourire et sortent le lecteur de la mélancolie qu'il fait sienne.

Je suis allée assister à la lecture de ce texte par Edouard Baer, je redoutais la déception. On n’entre pas vierge dans un livre, on l’aborde avec une vision personnelle qui peut ne pas coller à celle de l'acteur. J'ai donc été un peu déçue, j'ai trouvé chez Edouard Baer un jeu plus expressif que je ne l'aurais souhaité, j'attendais davantage de réserve.